Shohei Imamura
C'est un mot de passe. Dites "L'Anguille" et voyez s'éclairer les visages des initiés. C'est cela surtout qui m'a intrigué chez Imamura. Ceux qui ont vu ses films sont un club. Des élus. Paradoxal : Imamura restera le cinéaste de la grande communauté humaine.
2 Palmes d'Or (L'Anguille en 1997, La Ballade de Narayama en 1983), 2 Ours d'Or, un nombre incalculable de prix dans son Japon natal. Le cinéma asiatique est en forme. Il tient notamment en France une place de plus en plus importante. Le nombre de participants au Marché du Film de Cannes cette année, la médiatisation de plus en plus présente du Festival du Film Asiatique de Deauville ne sont que la crête visible d'une poussée tellurique.
Imamura n'y est pas innocent.
Inconnu du grand public, et de moi le premier jusqu'à il y a quelques mois, jusqu'à ce que je réalise qu'on m'en parlait de plus en plus. Qu'on me vante ses oeuvres d'un simple regard, ces regards qui plongent droit en eux-mêmes. Son nom devenait une évidence qui m'était étrangère.
Sur allocine.fr j'ai lu ces quelques lignes de sa biographie, sous forme d'anecdote :
"Le silence de l'Anguille - Lors du festival de Cannes 1997, quand la salle se leva pour applaudir le film, le cinéaste resta assis, ne pouvant pas se lever même avec sa canne. Enfin une main vint à son secours. Pas un bravo ne dérida son visage impassible. Quand le silence revint, le maître s'inclina légèrement et sortit."
Shohei Imamura, vous êtes définitivement sorti le 30 mai 2006 alors que j'entre à peine dans votre oeuvre. Il me reste tant à découvrir, et c'est un plaisir rien que de le savoir.
Nos Reporters de l'Intrépide ont affronté pour vous le désert de Deauville en plein 