11 mars 2007

Vérités et mensonges à Lille

Festival_lille Le festival du film court de Lille, dont nous avons déjà parlé, ce n’est paradoxalement pas que des courts métrages. Ainsi, outre le très énergique Hedwig and the angry inch de John Cameron Mitchell (Shortbus), les festivités lilloises offriront également l’occasion de découvrir Opération Lune de William Karel.
Très connu pour ses reportages, et notamment l’incontournable Monde selon Bush, Karel a également signé, avec Opération Lune, ce qu’il appelle un « documenteur ». Soit un documentaire qui plutôt que d’exposer une réalité, joue à induire en erreur.
Si tous n’ont pas la même portée que l’admirable travail de Karel sur le pouvoir de l’image et du montage, il existe de nombreux films ayant joué des frontières floues entre réalité et fiction.

Alors dans Opération Lune, on nous fait croire que les Etats-Unis avaient prévu un plan B pour faire croire au monde qu’ils avaient bien marché sur la lune… même en cas d’échec de la mission d’Apollo 11.
Dans Forgotten Silver, Peter Jackson prétend que le cinéma n’a pas été inventé par les frères Lumière mais par un obscur mais soi-disant génial Colin McKenzie que le monde aurait totalement oublié.
De son côté, Spinal Tap montre les galères interminables mais hilarantes d’un pauvre groupe de hard rock.
Borat enfin, dont la sortie DVD est prévue en mai prochain, ne sera probablement pas le dernier représentant de ce genre joyeusement troublant...

Operation_lune

Petit rappel, la 23ème édition du festival du film court de Lille commence le 12 mars. Programme des festivités ici.

01 février 2007

Qu’est-ce qui sépare Bambi d’Hannibal Lecter le cannibale ?

De_bambi_a_hannibal_lecter

En 1929, le Hongrois Frigyes Karinthy énonce dans une de ses nouvelles la théorie des « six degrés de séparation », destinée à devenir bien plus célèbre que lui.
Selon cette hypothèse, chaque individu du monde est connecté à n’importe quel autre via une chaîne de connaissances ne contenant pas plus de cinq personnes intermédiaires.

Appliquée au cinéma, cette théorie donne un film de Fred Schepisi.
Ou un jeu totalement inutile mais amusant et particulièrement bien adapté à internet et à glowria.fr, le jeu des liens et des séparations.
Ainsi, Bambi et Hannibal Lecter, comme deux individus de la planète, sont liés. Si, si !
A la façon de « trois petits chats, chapeau de paille, paillasson », il suffit juste de trouver un chemin !

1) Dans Bambi, en version originale, c’est Hardie Albright qui doublait le jeune faon. Ce même Hardie Albright jouait également dans un épisode de la série Ma sorcière bien-aimée.
2) La star de la sitcom, Elizabeth Montgommery était mariée à Robert Foxworth.
3) Foxworth, comédien, tenait un petit rôle dans Syriana, aux côtés notamment de George Clooney.
4) Dans un souci de réalisme, le scénario de Syriana est construit en partie sur les écrits de l’ex-agent de la CIA, Robert Baer.
5) Ex-agent que l’on peut voir interviewé dans le documentaire de William Karel Le Monde selon Bush.
6) Documentaire qui utilise des images de Tony Blair.
7) C’est l’acteur Michael Sheen qui incarne le premier ministre britannique dans le film The Queen de Stephen Frears.
8) Michael Sheen, on a pu également le voir dans le rôle du chef de loups-garous dans Underworld.
9) Le mythe des loups-garous a inspiré bon nombre de films parmi lesquels le récent Cursed de Wes Craven, sur un scénario de Kevin Williamson.
10) Kevin Williamson est né le 14 mars 1965 et fête son anniversaire en même temps que Julien Lescat...
11) Julien Lescat a été réalisateur de seconde équipe d’Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet.
12) Or dans Un long dimanche… c’est Gaspard Ulliel qui tient le rôle masculin principal.
13) Gaspard Ulliel tiendra le rôle-titre, le 7 février, d’un long métrage de Peter Webber sur... la jeunesse d’Hannibal Lecter dit Hannibal le cannibale.

Dans cette démonstration, certes tirée par les cheveux, mais qui a le mérite de traverser le temps et les genres, 13 degrés séparent donc l’innocent Bambi du terrifiant Hannibal Lecter. Mais beaucoup d’autres chemins doivent les réunir. Certainement même des bien plus courts...

Camille Brun

03 janvier 2007

Délit de sales gosses

Sur un écran, les enfants sont comme tous les petits animaux : attendrissants.
Il y donc a toujours eu et il y aura probablement toujours ce qu’on appelle des enfants-stars.

Enfantsstars

Les fondamentaux de la catégorie, sont sans aucun doute Jackie Coogan et Shirley Temple.

Il a suffi d’un film, The Kid de Chaplin, à Jackie Coogan pour devenir, célèbre et millionnaire. Ses parents s’étant approprié l’argent, l’acteur a même été à l’origine d’une loi visant à protéger les revenus des mineurs.

De tous les enfants-stars, Shirley Temple est sans doute le plus célèbre. Malgré la vie hors-norme qu’elle a eu à l’âge adulte (elle s’est lancée en politique et était ambassadrice américaine en Tchécoslovaquie pendant la révolution de velours de 1989), plus personne ne s’est soucié d’elle, du jour où elle a quitté les écrans.

Plus « récemment », on se souvient encore de Macaulay Culkin tombé en disgrâce dès les premiers signes de puberté. Mais aussi de Drew Barrymore et sa déchéance bien connue dans l’alcool et les drogues après le succès de E.T, ou encore de Tatum O’Neal, qui, en dehors de l’Oscar d’honneur accordé à une Shirley Temple âgée de 6 ans, fut, à 10 ans, la plus jeune comédienne jamais oscarisée.

Même si les Etats-Unis ont une capacité unique à s’emballer pour des petits phénomènes, ils n’ont pas non plus le monopole de l’acteur demi-portion.

Côté récompense, on a par exemple en France de quoi être fier, avec le Prix d’interprétation féminine de Venise, attribué à l’unanimité en 1996 à Victoire Thivisol – 4 ans – pour son interprétation bouleversante de Ponette.

Aujourd’hui, quand on voit la fascinante Dakota Fanning ou même l’agaçant Jules Sitruk, on comprend que le phénomène des enfants-stars, n’est pas prêt de disparaître. Et ce, malgré le terrible et quasi-inévitable paradoxe qui devrait refroidir beaucoup de parents qui rêvent d’une grande carrière pour leurs rejetons :

La popularité tend, au contraire de l’âge et de la taille, à sérieusement diminuer avec les années.

Camille Brun

30 novembre 2006

La photographie au cœur de l’objectif

Blow_up Le 10 janvier prochain, sort en salles Fur : un portrait imaginaire de Diane Arbus, excellent long métrage de Steven Shainberg avec Nicole Kidman dans le rôle de la fameuse photographe américaine. La plus grande réussite de Fur, c’est que Shainberg (déjà auteur du sulfureux et passionnant La Secrétaire) met en scène la naissance d’un imaginaire photographique sans avoir recours aux vraies photos de Diane Arbus.

Alors pour voir quelqu’un viser dans un objectif puis appuyer sur le déclencheur, pour voir comment le cinéma traite sa cousine la photographie, pour voir à quel point un instantané peut fasciner, mieux vaut aller voir ailleurs.

Chez glowria.fr par exemple.

Paparazzi One_hour_photo

Photo Obsession

Blow-Up

Paparazzi

Camera Kids

War Photographer

Robert Doisneau "tout simplement"

Yann Arthus-Bertrand (Portraits)

National Geographic - Les photographes

L'Aventure photographique - 150 ans d'histoire de la photographie

Peter_parker

Camille Brun

29 novembre 2006

Les joies du monde du travail

Tempsmodernes

Pour la première fois en France, un juge a condamné hier une entreprise et son dirigeant à une peine de prison avec sursis et à payer des dommages et intérêts à… ses stagiaires !
Car c’est la première fois qu’une entreprise est jugée coupable de stage abusif, ce qui est assimilé à du travail clandestin.
Malgré les paillettes, le cachet des stars et les budgets faramineux, le cinéma a toujours été intéressé par le monde du travail. La preuve, le tout premier film de l’histoire s’appelle La Sortie des Usines Lumière et montre des ouvrières en fin de journée.
Alors à l'occasion de cette victoire du collectif Génération Précaire, revenons en quelques titres sur les rapports entre cinéma et monde du travail.
Les Raisins de la colère : adapté par John Ford un an à peine après la sortie du roman de Steinbeck.
Les Temps modernes, chef d’œuvre impérissable de Chaplin où se mêlent vision désenchantée des usines et de l’automatisation, poésie et irrésistible drôlerie.
Sur les QuaisElia Kazan mélange, avec Marlon Brando et Eva Marie Saint, lutte sociale et thriller sur fond de syndicalisme
Avec Norma Rae de Martin Ritt, c’est une femme qui s’élève contre les conditions de travail. La comédienne Sally Field, dans ce rôle inspiré de personnages réels, en profite pour recevoir un Prix d’interprétation féminine à Cannes et un Oscar
Dans Bread and roses, Ken Loach quitte sa Grande-Bretagne habituelle pour montrer que même clandestins, des salariés peuvent avoir des revendications.
Changement de registre avec Roger et moi premier film de Michael Moore où le réalisateur cherche pendant trois ans à rencontrer le président de General Motors, responsable de la mise au chômage de 30 000 personnes.

Du côté du cinéma français, la tradition sociale est également longue. 
Marcel Carné et son réalisme poétique font par exemple merveille dans Le Jour se lève avec Jean Gabin et Arletty, où le monde du travail abrutissant conduit au désespoir et la folie.
Ces dernières années, on note une nouvelle approche de la thématique a priori pas très facile qu’est le travail, avec des films comme Ressources humaines de Laurent Cantet ou même Le Couperet de Costa-GavrasJosé Garcia trouve une méthode radicale pour se faire embaucher : éliminer ses potentiels concurrents.

Camille Brun

27 octobre 2006

Clooney for President

Clooney_jpc779451_2 Non content d'être considéré par de nombreux admirateurs comme l'un des meilleurs acteurs du moment, de s'enorgueillir des plus belles conquêtes féminines, d'assumer une dérision bien souvent auto centrée, de faire preuve d'un talent sûr en temps que réalisateur, d'être considéré par les lecteurs du site askmen.com comme la personnalité la plus représentative de la gent masculine, et d'être à la tête d'un copieux compte en banque, George Clooney se voit appelé par une proportion croissante de la population américaine démocrate aux plus hautes fonctions de l'état.

Le blog "Clooney 2008" le résume assez bien : l'acteur américain ne serait pas que le président le plus sexy de l'histoire, il mettrait au profit du monde ses visions humanistes.

De nombreux T-shirt fleurissent, qui militent activement P1010020_1 pour le candidat Clooney, jusqu'en France (la preuve en image : ci-contre un salarié glowria anonyme). George n'y est pour rien : informé de ce mouvement de fond, il se serait exclamé "Are you kidding ?". Les t-shirt-makers se seraient aussitôt empressés d'ajouter au dos de leurs maillots la mention "We're not kidding". Si le peuple américain sait donc ce qu'il lui reste à voter pour conjuguer glamour et efficacité politique, vous, vous savez ce qu'il vous reste à faire pour avoir la classe internationale.

Bertrand Ploquin

22 septembre 2006

Mais pourquoi « Tout a une fin » ?

Quelle image a le pouvoir d’instantanément se lier avec une chanson (« Breathe me » de Sia) pour que jamais on ne puisse concevoir l’une sans l’autre ?
De quels personnages peut-on prétendre (en le pensant) qu’ils font partie intégrante de notre famille ?
Combien d’œuvres audiovisuelles peuvent se prévaloir de toujours bouleverser des mois après leur vision ?
Comment imaginer oublier ces noms : Claire, Ruth, David et Nate Fisher ?

Six_feet_under_2

       
Ce matin, en errant sur le site de glowria.fr, je suis tombé sur une page. Et là, comme une évidence. Depuis plus de six mois que j’ai fini de la voir : je n’ai pas du tout oublié Six Feet Under.
La série créée par Alan Ball et sous-titrée « Tout a une fin » dans sa dernière saison m’a marqué. A laissé en moi une marque indélébile, à mi-chemin de la joie et de la tristesse.
La joie d’avoir vu une œuvre superbe, maîtrisée d’un bout à l’autre, qui pourrait passer à la postérité comme une bible de la finesse scénaristique.
La tristesse de se rendre compte qu’on ne verra plus jamais de nouveaux épisodes des aventures quotidiennes de la famille Fisher.
Je me prends à rêver à la machine à effacer les souvenirs de Eternal Sunshine of the spotless mind. Non pas pour oublier un amour tournant au désamour, mais bien pour pouvoir reprendre Six Feet Under au début et avoir devant moi cinq saisons de bonheur, 3465 minutes avant le délicieux traumatisme et le phénomène de manque de la fin…

Camille Brun

21 septembre 2006

Heroic fantasy = manque de fantaisie ?

Eragon_2L'Heroic fantasy, c’est un peu comme de la science-fiction. Tout y est possible. A partir d’un Moyen-âge d’opérette, les inventeurs d’histoire ont la possibilité de créer le monde qu’ils souhaitent. Certains ne s’en sont pas privé, au premier rang desquels Tolkien avec son Seigneur des anneaux et cette mythologie entièrement pensée.
D’où vient pourtant cette forte sensation de tourner en rond, cette impression que tout a déjà été raconté ?
Harry Potter, par exemple, ce sont des bouquins vraiment passionnants et des films sympathiquement divertissants. Mais c’est également une sorte de best-of hyper efficace d’idées déjà exploitées, d’idées ayant fait leurs preuves ailleurs.
Pour beaucoup de critiques, Eragon – en livre – c’est un peu la même chose, mais en pire. Agé d’à peine quinze ans quand il commence son histoire, Christopher Paolini, l’auteur, manquait probablement de maturité littéraire pour se détacher de ses influences.
Mais les deux premiers romans ont été d’énormes cartons mondiaux et le film sera à l’affiche en France le 20 décembre prochain. Avec John Malkovich et Jeremy Irons en brillants faire-valoir, un jeune inconnu pour le rôle titre et un réalisateur spécialisé dans les effets spéciaux (on lui doit ceux de Dreamcatcher, En pleine tempête et La Mémoire dans la peau), il y a fort à parier que ce sera un énorme succès.
A croire finalement que ce que les gens cherchent dans ces mondes parallèles où tout est théoriquement possible, c’est tout sauf de l’inconnu ou de la surprise...

Camille BrunDragon

PS : Eragon, c’est également les aventures d’une créature fascinante, le dragon.  Nombreux sont les films où a été représenté le monstre légendaire : Peter & Elliott le dragon, Le Dragon du lac de feu, Donjons & Dragons, Le Règne du feu...

12 septembre 2006

Tom Cruise : le marketing des photos de famille

Vanity_fair_tom_cruise_et_suri_couvertur Le 6 septembre dernier a eu lieu un événement d’ampleur internationale : la publication des photos de Tom Cruise, Katie Holmes et de leur fille Suri.
Personne n’avait été autorisé à admirer la petite fille née le 18 avril dernier (entendons par là, que nul lecteur de la presse people n’avait eu encore le droit de la voir, et surtout que nul paparazzi n’avait réussi à voler une image).
C’est corrigé puisque les photos circulent maintenant partout sur le web. Prises par la célèbre photographe Annie Leibovitz, elles ont été publiées en exclusivité mondiale par le magazine Vanity Fair et ne ressemblent en rien à des photos volées. Ni à de naturelles photos de famille, d'ailleurs. On est plutôt dans la catégorie « réalisme d'un officiel portrait présidentiel »…
Quoi qu’il en soit, tout le monde veut les voir, et leur simple mise en ligne a créé Vanity_fair_tom_cruise_et_suriun raz de marée : 4,3 millions de pages vues en un jour sur le site du journal.
Quand on se rappelle que Tom Cruise faisait déjà l’actualité à la fin du mois d’août avec son divorce d’avec Paramount dont il se sort finalement pas si mal, on se dit que le comédien scientologue a vraiment tout compris des médias. En bien ou en mal, pas une semaine sans qu’on parle de lui !

Camille Brun

11 septembre 2006

Un nouveau Coluche ?

ColuchejpgAntoine de Caunes devrait réaliser C’est l’histoire d’un mec, un film sur la candidature de Coluche aux élections présidentielles de 1981. Et avant même de se demander si un tel projet nous fait envie ou pas, on s’arrête à la question déterminante : qui sera capable d’incarner le comique mort il y a vingt ans ?
Napoléon a été interprété notamment par Marlon Brando, Christian Clavier, Philippe Torreton, Dennis Hopper et Aldo Maccione... Et, au-delà de la « diversité » des talents, personne n’y a rien trouvé à redire. Jos_garcia_1
Mais donner un nouveau visage à Coluche, voilà un défi qui n’est pas à la portée de n’importe quel acteur ! Car Coluche est toujours populaire et surtout encore très présent dans les esprits.
Alors, à froid, sans y réfléchir très longtemps, un favori s’impose à moi : José Garcia.
José Garcia connaît très bien Antoine de Caunes. Il a surtout déjà montré son talent et sa truculence dans des comédies comme dans des drames, dans des bons films comme dans des mauvais. Il a donc finalement peu de risque de se faire enfermer dans un rôle potentiellement aussi important que celui de Coluche. Et c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite…

Camille Brun