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28 mars 2007

La Science-fiction sans le savoir

Le monde change. Et parfois même sans que l’on s’en aperçoive !
Et le cinéma, peut-être encore plus que beaucoup d’autres arts, a le pouvoir de fixer pour les générations futures des instantanés d’une époque. Et ce, même sans en avoir l’air ou le vouloir.
Prenons par exemple Claude Lelouch. Sur youtube et dailymotion, il doit sa célébrité à un court-métrage de 9 minutes qui date de 1976, C’était un rendez-vous. Lauréat de la Palme d’Or. Metteur en scène à succès de comédies douces-amères depuis plus de 45 ans, le cinéaste semble n’exister sur la toile que pour cette vidéo. Il faut dire qu’il a réalisé là un court-métrage simple mais bluffant et justement de la « science-fiction pour le futur ».
C’était un rendez-vous consiste en fait en un seul plan. La caméra est accrochée au ras de la route, à l’avant d’une voiture (une Mercedes paraît-il). Et le chauffeur que l’on ne voit jamais jusqu’à la dernière seconde (Lelouch lui-même) fonce à toute berzingue dans Paris, de la Porte Dauphine jusqu’au sommet de Montmartre. Feux rouges, priorités et limitations de vitesse totalement grillées, le film est assez scotchant.
D’autant que le Paris qui nous est montré là n’existe plus aujourd’hui. Alors bien sûr, l’Arc de Triomphe n’a pas changé. Le Sacré-Cœur non plus. Mais le Louvre, sans pyramide, ne ressemble plus (pas encore) à celui que l’on connait aujourd’hui. Et surtout, ces longues enfilades de rues sans voitures ni garées ni roulantes, tiennent du délire total, du truc inimaginable. Alors bien sûr, le film a été tourné au mois d’août, à 5h30 du matin. Mais cela ne peut suffire à expliquer cette ville vide qui ne manque pas de rappeler la première partie de 28 Jours plus tardCillian Murphy se réveille dans une Londres totalement déserte.

Camille Brun

23 mars 2007

Paré au décollage !

Sunshine de Danny Boyle est probablement un des plus beaux films de son auteur, mais également des semaines à venir.

Sunshine_2

Alors pour se préparer à cette longue expédition vers le soleil (sortie en salles le 11 avril prochain) dans le but de le ranimer pour sauver l’espèce humaine, découvrons l’équipage hétéroclite de ce passionnant voyage.

Rose Byrne

Cette jeune comédienne australienne n’est pas la plus connue de l’équipage d’Icarus II, le vaisseau de Sunshine, mais elle n’a pas à rougir de son début de filmographie. Sa composition de la pilote à la fois froide et sensible est très marquante. Pas célèbre, Rose Byrne a déjà pourtant quelques films à son actif, au premier rang desquels Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Cliff Curtis

Cliff Curtis dans le rôle d’un psychiatre dont la fascination pour le soleil le mènera à de terribles extrémités, c’est la plus grande surprise du casting de Sunshine. Car si le visage de ce comédien d’origine maori n’est pas inconnu, on l’imagine plutôt dans des rôles de durs, de méchants inflexibles.

Chris Evans

Jeune premier américain, Chris Evans s’est fait connaître des adolescentes par son interprétation du tombeur La Torche dans Les Quatre Fantastiques. On murmure que Chris Evans aurait choisi de désormais ne plus mettre en avant son physique avantageux pour ne plus être le beau gosse de service et ainsi se consacrer vraiment à sa carrière de comédien.

Troy Garity

On ne le dirait pas comme ça, mais Troy Garity est issu d’une grande famille de cinéma. Sa mère est en effet Jane Fonda. Il est donc le petit-fils d’Henry Fonda, le neveu de Peter et le cousin de Bridget... Et c’est pour préserver son anonymat (raté !) que ses parents lui ont donné le nom inconnu de la grand-mère maternel.

Cillian Murphy

Etrange comédien d’origine irlandaise. Révélé par son rôle de rescapé de la terrible épidémie qui transforme les humains en zombie dans 28 Jours plus tard, il s’est imposé ensuite avec des personnages très différentes. L’effrayant Docteur Crane (l’Epouvantail) dans Batman Begins, le révolutionnaire irlandais dans Le Vent se lève ou même le travesti Kitten dans Breakfast on Pluto de Neil Jordan.

Hiroyuki Sanada

Elève de Sonny Chiba et célèbre depuis longtemps au Japon, Hiroyuki Sanada s’est fait connaître du monde entier en enquêtant sur une cassette tueuse dans la version originale de Ring (1 et 2). Aujourd’hui sa carrière internationale est totalement lancée, et on devrait le voir dans RUSH HOUR 3.

Benedict Wong

Malgré son prénom, Benedict Wong est un comédien. Et probablement le moins connu de l’équipe de Sunshine. On l'a tout de même vu dans Dirty Pretty Things de Stephen Frears et Spy Game de Tony Scott.

Michelle Yeoh

Michelle Yeoh est la preuve que le cinéma n’est pas qu’un loisir américain et européen. Le monde entier l’a enfin reconnue lors de la sortie de Tigre & dragon alors que cette Malaisienne (Miss Malaisie 1983) vivant en Chine était une star de films d’action depuis longtemps. Habituée des rôles physiques, maîtrisant parfaitement la danse et les arts martiaux, elle est la seule femme à qui Jackie Chan laisse faire ses cascades sans doublure.

20 mars 2007

Hommage à Stuart Rosenberg

Luke_la_main_froide

Agé de presque 80 ans, le réalisateur Stuart Rosenberg est mort jeudi dernier.

Rentré dans l’audiovisuel par pur hasard (il répond à une annonce pour compléter ses revenus), il passe sa vie artistique à osciller entre films de commande et projets personnels, au gré du succès des premiers.

Son oeuvre la plus célèbre, Amityville la maison du diable (le premier uniquement) est paradoxalement justement un de ces longs métrages impersonnels qu’il tournait pourtant avec un certain talent. Il l’enchaîna d’ailleurs avec le terrible Brubaker sur les conditions de détention déplorables dans une ferme-prison de l’Arkansas.

Son plus beau film restera probablement son premier long métrage pour le cinéma, Luke la main froide avec son ami Paul Newman. Qui l’a vu ne peut avoir oublié la fin ou la scène où Paul Newman avale une cinquantaine d’œufs durs de suite.

Amityville

19 mars 2007

Envie de décoller ?

La réalité est triste et monotone ?

Plongez dans les volutes tourbillonnantes du rock psychédélique. Issue des années 60, cette musique à fortes guitares garde aujourd’hui encore son énergie et les circonvolutions de sa création sous influence hallucinogène et psychotrope.

Il suffit presque d’écouter les débuts de Pink Floyd, Jimi Hendrix, The Doors, Grateful Dead, Jefferson Airplane ou The Who pour s’imaginer en plein trip sixties.

Au cinéma, l’influence du LSD et de la mescaline est moins visible. Même si elle est par exemple évidente dans Yellow Submarine, dessin animé accompagné de la musique des Beatles. Mais en images, le psychédélisme en tant que tendance esthétique a plutôt vieilli et, comme le prouve la saga Austin Powers, prête facilement à rire. Sauf quand il surgit de manière inattendue, comme dans la tentative ratée mais respectable de s’approprier le western par Jan Kounen dans Blueberry.

Camille Brun

Martin_sharp_3

Bon anniversaire Bruce Willis

Bruce_willis 

Il a quasiment inventé la phrase qui tue. Cette phrase actuellement répandue dans presque tous les films d’action, que le héros balance après avoir tué 5 Russes, fait sauter un immeuble, abattu un avion avec un élastique et dégringolé d’un toit, un filet à commissions intact dans les bras.

« Sur 9 millions de terroristes dans le monde, j’en tue un
et il a les pieds plus petits que ma sœur. »

Aujourd’hui, Bruce Willis fête ses 52 ans.

Et cette année, il devrait revenir sur son engagement de 2001 où il disait ne plus vouloir faire violents où son personnage doit sauver le monde. Pourtant, le 4 juillet prochain, avec Die Hard 4 - Retour en enfer, John McLane, le policier têtu et impossible à tuer fera son grand retour. Et comme à son habitude, il devrait être prêt à tout pour être le grain de sable qui enrayera les plans des méchants.

Camille Brun

15 mars 2007

Insaisissable Elodie Bouchez

Elodie_bouchez2_2 Petite reine du jeune cinéma indépendant français à partir de sa révélation dans Les roseaux sauvages d’André Téchiné jusqu’au début des années 2000, Elodie Bouchez s’est faite depuis quelques temps plus discrète.

Elle avait tout pour devenir une people « fashionista ».

Un début de carrière fulgurant, avec 2 César et un Prix d’interprétation féminine à Cannes.

Une filmographie ambitieuse, visiblement choisie et privilégiant les premiers films.

Un mariage glamour avec Thomas Bangalter, moitié du groupe Daft Punk.

Une installation à Beverly Hills…

Pourtant, Elodie Bouchez a, comme son compagnon, toujours tenu et su rester loin des projecteurs.

Elodie_bouchez_3 Surtout, en termes de carrière, elle est restée insaisissable et constamment surprenante.

En l’espace de deux ans, alors que, vu de France, on pouvait penser qu’elle s’était retirée des plateaux, elle a enchaîné un énorme carton en France (Brice de Nice), deux ou trois longs métrages américains où elle ne tient que des rôles secondaires et surtout deux séries où elle fait plaisir à voir, Alias (dans la cinquième saison qui devrait sortir en DVD au mois de juin prochain) et The L Word.

Cette semaine à l’affiche de Ma place au soleil, aux côtés de Nicole Garcia, Gilles Lellouche, Jacques Dutronc, Hippolyte Girardot, on espère qu’elle ne va pas la trouver, sa place au soleil, et continuer longtemps à nous surprendre.

Camille Brun

11 mars 2007

Vérités et mensonges à Lille

Festival_lille Le festival du film court de Lille, dont nous avons déjà parlé, ce n’est paradoxalement pas que des courts métrages. Ainsi, outre le très énergique Hedwig and the angry inch de John Cameron Mitchell (Shortbus), les festivités lilloises offriront également l’occasion de découvrir Opération Lune de William Karel.
Très connu pour ses reportages, et notamment l’incontournable Monde selon Bush, Karel a également signé, avec Opération Lune, ce qu’il appelle un « documenteur ». Soit un documentaire qui plutôt que d’exposer une réalité, joue à induire en erreur.
Si tous n’ont pas la même portée que l’admirable travail de Karel sur le pouvoir de l’image et du montage, il existe de nombreux films ayant joué des frontières floues entre réalité et fiction.

Alors dans Opération Lune, on nous fait croire que les Etats-Unis avaient prévu un plan B pour faire croire au monde qu’ils avaient bien marché sur la lune… même en cas d’échec de la mission d’Apollo 11.
Dans Forgotten Silver, Peter Jackson prétend que le cinéma n’a pas été inventé par les frères Lumière mais par un obscur mais soi-disant génial Colin McKenzie que le monde aurait totalement oublié.
De son côté, Spinal Tap montre les galères interminables mais hilarantes d’un pauvre groupe de hard rock.
Borat enfin, dont la sortie DVD est prévue en mai prochain, ne sera probablement pas le dernier représentant de ce genre joyeusement troublant...

Operation_lune

Petit rappel, la 23ème édition du festival du film court de Lille commence le 12 mars. Programme des festivités ici.

08 mars 2007

A voir et à revoir

Questions_1  Dit-on d’un morceau de musique qu’il est à entendre et même réentendre ? D’une spécialité gastronomique qu’elle est à manger puis remanger ?
Non bien sûr. Pourquoi alors trouve-t-on sur glowria.fr près de 3800 avis comprenant l’expression « à voir » et parmi ces 3800, plus de 450 qui vont plus loin et conseillent de « voir et revoir » ?
Peut-être parce que les expressions langagières dont l’usage se généralise comme « à voir et à revoir » ont tendance à perdre leur sens premier pour une signification plus floue. Certains diraient même qu’elles ne signifient rapidement plus rien. Un tic langagier en quelque sorte…

05 mars 2007

On court à Lille

Festival_2

Woody Allen disait que Hollywood « est une usine où l'on fabrique dix-sept films sur une idée qui ne vaut même pas un court métrage. » Dans cette déclaration, ce que l’on peut retenir, ce n’est pas tellement qu’Hollywood ne joue pas la carte de la profondeur, mais bien que tout le cinéma peut tenir dans un court métrage.

Deux solutions s’offrent à ceux qui ne seraient pas convaincus que court métrage ne signifie que rarement brouillon d’une œuvre plus longue à venir.

-         D’abord, ils peuvent explorer la catégorie courts métrages de glowria.fr. Des plus grands classiques humoristiques comme Charlie Chaplin ou Buster Keaton à une anthologie d’œuvres françaises en passant par les passionnants débuts de Bruno Podalydès et ceux de François Ozon.

-         Ensuite, avec plus de 250 festivals français qui consacrent au moins une sélection aux « petits » films, c’est très facile de les découvrir sur « grand » écran !

Parmi ces festivals, un a retenu particulièrement l’attention de glowria.fr, c’est celui de Lille. Et pour sa 23ème édition qui se tient du 12 au 16 mars, le programme de ces festivités organisées par des étudiants de l’EDHEC de Lille s’annonce chargé. Au centre de la manifestation, une compétition réunissant une sélection internationale de films soumise au jugement d’un jury hétéroclite et présidé par l’heureuse réalisatrice de riches téléfilms Josée Dayan. Pour déterminer quelle œuvre récompenser, Josée Dayan sera notamment entourée de Patrick Mille, du scénariste Jean-François Halin et de Hélène Medigue, l’interprète de Sophie dans la série Plus belle la vie.

Le site du festival : ici

02 mars 2007

Les films présidentiels

Mais rassurons-nous. Il reste 55 jours aux candidats à l’élection présidentielle pour oser prononcer le mot «culture».

C’est ainsi que Pascale Ferran réalisatrice heureuse du multi-césarisé Lady Chatterley terminait son discours engagé sur l’avenir du cinéma en France. Si l’absence d’ambition culturelle et de programme relatif au cinéma dans les discours politiques des principaux candidats dont parle Pascale Ferran n’est pas à ignorer, on peut également la regretter pour une raison beaucoup plus anecdotique.

En effet, comment comparer nos goûts à ceux des potentiels futurs Présidents ? Comment savoir quel genre de cinéma aiment les candidats ?

Aux Etats-Unis, c’est possible ! Grâce à CNN, on connaît d’ores et déjà les films préférés des principaux prétendants au bureau ovale alors que l’élection est dans plus d’un an.

Ainsi :

Le républicain d'Arizona, John McCain : Viva Zapata

La démocrate Hillary Clinton de New York : Casablanca

Le républicain Rudy Giuliani, ancien maire de New York : Le Parrain

John Edwards, démocrate de Caroline du Nord : Dr. Folamour

Mitt Rommery, ancien gouverneur républicain du Massachusetts : Les Aventuriers de l’Arche perdue

Bill Richardson, gouverneur démocrate du Nouveau-Mexique : Butch Cassidy et le Kid

L’intégralité du discours de Pascale Ferran :

Camille Brun