Les navets les plus mauvais sont les plus sympathiques
Qui connaît David DeCoteau, cinéaste américano-canadien ? Probablement peu de monde. Pourtant, il a réalisé pas moins de 53 films… en vingt ans !
Aucun n’est jamais sorti en salles en France, pourtant, les fans de vidéo ont pu découvrir une grande partie de sa filmo.
Il faut dire que DeCoteau est spécialisé (involontairement ?) dans le navet. Le nanar old school, du genre de ceux qu’on peut s’amuser à apprécier entre copains, au 2ème ou 3ème degré.
(Dans Leeches, un nageur se faisant attaqué par une sangsue géante/gant de toilette)
Le cinéma a connu et connaîtra bon nombre de réalisateurs profondément incompétents. Il y en a même un qui est passé à la postérité : Ed Wood, dont Tim Burton a tiré un magnifique portrait.
A son tour, aujourd’hui, David DeCoteau connaît une sorte de mini-hype, un culte discret qui tendrait à trouver des vertus, même ironiques, à son œuvre. C’est à qui verra tous ses films, découvrira tous ses pseudos (on en compte une dizaine).
Et c’est vrai que le bougre a des récurrences artistiques, des thématiques fortes ! La principale, c’est qu’au lieu de filmer des nymphettes en danger, il apprécie plutôt les jeunes et beaux garçons immanquablement imberbes, qui courent en boxer ou en maillot de bain devant un monstre.
Et l’air de rien, même si c’est ridicule, ces obsessions, ça finit par former une œuvre !
Une œuvre bricolée, ratée et sans aucun talent, certes, mais une œuvre faite avec passion et envie et donc foncièrement sympathique. Du type (toutes proportions gardées) de celle d’un bricoleur génial comme Roger Corman chez qui David DeCoteau a d’ailleurs débuté.
Camille Brun
Commentaires