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11 juillet 2005

Une chance pour les inédits

Wtmrks_6_1Vous n’imaginez sûrement pas, mais ces films que vous regardez, ou dont vous connaissez juste l'existence, ne sont qu’un pourcentage dérisoire des films faits chaque année dans le monde, y compris en France et aux Etats-Unis. La plupart de films réalisés indépendamment ne trouvent pas forcément de distribution, c’est-à-dire qui n’arrivent pas au cinéma, ne passent jamais à la télé et ne sortent pas en DVD. Il est facile de penser que c’est parce qu’ils sont mauvais, mais rassurez-vous, les conquérants ne sont pas toujours les meilleurs, ni les perdants les pires.

C’est le cas des films en compétition de la 11ème édition de Rencontres internationales de cinéma à Paris, qui se déroulait jusqu’au 10 juillet aux Forum des Images, dans le cadre du Festival Paris Cinéma 2005. La Compétition des long-métrages inédits était au cœur de cet événement. Les 20 films participants cherchaient tous une opportunité de toucher un public plus large, grâce aux trois prix discernés et spécialement le Prix du Public avec une belle dotation de 36.500€, destinés à la distribution du film lauréat dans les salles Françaises.

Ainsi, le Prix du public est allé à « Watermarks » de Yaron Zilberman, un documentaire co-produit par Israel, France et Etats-Unis, sur la rencontre aujourd’hui de sept intégrantes d’un club autrichien de championnes de nage, sur les lieux de leurs exploits d’il y a 65 ans, quand les nazis ont ordonné la dissolution du groupe et les ont forcé en exil.

Les autres prix sont en quelque sorte un peu plus métaphysiques mais sûrement aussi efficaces. Il n’y a pas de l’argent pour la distribution, mais la reconnaissance des experts.

Le Prix de la Presse a été obtenu par la comédie américaine-mexicaine « How the Garcia girls spent their summer » de Georgina Garcia Riedel, surprenant puisqu’il s’agit d’un film un peu édulcoré, en plus d’éducatif, ce qui n’est pas souvent du goût de la presse, plus inclinée vers des formes et contenus plus complexes et exigeants envers le public.

« Ronde de Nuit » (Ronda de Noche), un drame argentin du réalisateur Edgardo Cozarinsky, a gagné le Prix de l’Avenir, dont le jury a été composé par des jeunes étudiants de cinéma à Paris.

Si vous avez vraiment envie de les voir, il vous faudra faire un grand effort de mémoire jusqu’à leur sorties sur votre support préféré. Sûrement pas avant six mois !

02 juillet 2005

Pas envie d’aller au cinéma ?

Dry_martiniVous êtes très tendance. Ce qui est encore plus étonnant, vous suivez la tendance internationale. Le Box Office Américain, le plus important en volume, vit sa 18ème semaine de chute, ce qui équivaut à sa plus mauvaise performance des 20 dernières années.

En Europe, la situation n’est pas très différente. Après une très bonne année 2004, les salles ne sont pas suffisamment pleines cette année. En Allemagne les entrées sont tombées de 14%, en Espagne de 9% et en France de 13% (avec une légère remontée dûe à la Fête du Cinéma, la semaine dernière). Quelques-uns disent que c’est à cause du bon soleil et des hautes températures, après un très long hiver. Mais en Australie aussi, le box-office a chuté de 11% ainsi qu'au Japon de 10%, avec une descente dans la fréquentation des films américains de 25% (chiffres de Nielsen EDI).

Les critiques et savants du cinéma disent que tout se doit à la très mauvaise qualité des films et à l’épuisement des vieilles formules gagnantes imposés par les Studios. Les analystes croient que plus qu’un indicateur d’insatisfaction vis-à-vis des mauvais contenus, il s’agit juste d’une évolution comportementale, d’un changement d’habitudes conjoncturel. Leur explication c’est que les spectateurs ou « moviegoers » sont aujourd’hui très occupés par d’autres expériences liés à l’Internet, le DVD, les vidéo jeux et encore la panoplie d’appareils électroniques entre autres le portable, le baladeur MP3 (préférablement iPod) ou la caméra digitale. J'ajouterai le "blogging" !

Moi-même, je me sens responsable. Ma fréquentation a baisé d’un 80% (de 5 fois par semaine à juste 1 fois par semaine, et parfois seulement pour voir un vieux film). Dans mon cas, ce changement est juste une pause, en tout cas, je l’espère. En effet, il fait trop beau à Paris, donc je préfère me fabriquer une histoire dans un bar sympa avec un « Perfect Dry Manhatan », parce que j'adore sa couleur, ou juste une « Amstel » en bonne compagnie, plutôt que de passer deux heures dans le noir pour voir une histoire déjà vue.

Photo du "Perfect Dry Manhatan et Cie" au Harry's New York Bar, 5 rue de Daunou, 75002 Paris.

01 juillet 2005

Escapade à Londres sans frais de transport

L'une de mes activités préférées lors d’un voyage est d'aller voir des projections dans des cinémas locaux, préférablement dans les cinémathèques ou dans les salles d’Art et Essais. Ne vous précipitez pas à me juger de cinéphile rétrograde. Ce choix est parfaitement justifié par le fait que normalement, ce n’est que dans ce type de salles où la version originale sous-titrée est garantie.  Même si, malgré toutes mes précautions, j’ai dû regarder Carnets de Voyage de Walter Salles, doublé en italien, à Rome l’été dernier. Ce qui était un choc parce que la version originale du film est en espagnol, ma langue maternelle.

Comme dernièrement les voyages ne se précipitent pas pour remplir mon agenda, j’ai décidé de faire comme si je partais tout en restant chez moi. Bien sûr ce n’est pas la même chose mais c’est toujours mieux que rien du tout. Par exemple, jusqu'au 3 juillet, je "pars" à Londres pour profiter de la programmation du NFT (National Film Theatre) à l’occasion du 5me festival dédié au crime dans la fiction, appelé Crime Scene 2005.   

L’édition de cette année inclut :

I– La commémoration du 75e anniversaire des adaptations au cinéma du Faucon Maltais (1930) de Samuel Dashiell Hammett.

Faucon_maltais_6Une adaptation de génie est celle de 1931, réalisée par Roy Del Ruth à peine un an après la publication du roman, mais ce n’est pas disponible en DVD, ce qui nous oblige déjà à ne pas suivre fanatiquement le festival.

En 1936, le réalisateur William Dieterle fait sa version du roman avec Bette Davis dans Satan Met The Lady, qui reste un film moyen de l'Age d'Or d’Hollywood.

Sans doute, l'adaptation la plus célèbre a été écrite et réalisée par John Houston en 1941, avec Humphrey Bogart comme Sam Spade, avec des répliques à mémoriser.

Ce film des débuts du réalisateur, dit une version exacte du roman mot à mot, scène à scène, reste aujourd'hui un film paradigmatique du Cinéma Noir. D'ailleurs Le Faucon Maltais est référencé dans d'autres films aussi cultes comme Chinatown (1974) de Roman Polanski et Se7en (1995) de David Fincher, entre autres.

II– Un hommage à l’œuvre de l’auteur américain Donald E Westlake, invité spécial du festival 2005

Escrocs_5          Je_suis_un_assassin_7       Beaupre_3

Et encore Le Beau-père 2 (1989).

III– La célébration de la franchise CSI : Crime Scène Investigation (en Français « Les Experts »), avec Quentin Tarantino comme invité, qui présentera l’épisode final de la saison 2005, réalisé par lui même.

Il faudra substituer cette partie par quelque chose d’autre parce que la série n’est pas disponible à la location en France, et de toute façon, pour l’épisode de Tarantino, il faut attendre un peu. Il existe la possibilité d’acheter la série en DVD mais le prix pourrait parfaitement payer un ticket Eurostar. Je préfère m’en passer !

IV– Et encore quelques films emblématiques du concept « Crime de fiction » comme :

Entre autres Bullitt (1967) avec Steve McQueen et le plus récent Road to perdition (2002) de Sam Mendes avec Paul Newman et Tom Hanks. 

Le mieux c’est quand même de pouvoir payer en Euros et pas en livres…